Pourquoi retrouve-t-on encore des insectes dans les silos en hiver ?

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Les températures baissent, l’hiver s’installe… mais les insectes présents dans les silos ne disparaissent pas pour autant ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le froid ne suffit pas toujours à éliminer les ravageurs des céréales stockées.

Charançons, triboliums, silvains… Plusieurs espèces peuvent survivre dans les installations de stockage, même lorsque les températures extérieures sont basses.

Alors, comment expliquer leur présence en plein hiver ?

 

Le froid ralentit les insectes, mais ne les élimine pas forcément

Les insectes des denrées stockées sont particulièrement sensibles aux variations de température.

Lorsque celle du grain diminue, leur activité ralentit : ils se déplacent moins, se nourrissent moins et leur reproduction finit par s’arrêter.

En dessous de 12 °C, le développement des principales espèces de ravageurs des céréales est bloqué. Mais attention : cela ne signifie pas que tous les insectes sont morts !

Certains peuvent survivre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à basse température. Dès que les conditions redeviennent favorables, leur activité peut reprendre.

 

À l’intérieur d’un silo, il ne fait pas forcément froid !

Ce n’est pas parce qu’il gèle dehors que les céréales stockées sont à la même température.

Les grains conservent leur chaleur et leur refroidissement peut prendre du temps, notamment dans les volumes importants.

Certaines zones du stock peuvent ainsi rester plus chaudes que d’autres, particulièrement lorsque la ventilation est insuffisante ou mal répartie.

Ces différences de température peuvent maintenir des conditions favorables à l’activité des insectes, même en plein hiver.

 

Des insectes parfois bien cachés

Autre particularité : certains ravageurs passent une partie de leur développement à l’intérieur même des grains.

C’est notamment le cas des charançons, dont les larves se développent à l’abri des regards.

D’autres espèces peuvent se maintenir dans les résidus de céréales, les poussières, les équipements de manutention ou les zones difficiles d’accès.

Une infestation détectée en hiver peut donc être présente depuis plusieurs mois, sans avoir été identifiée auparavant.

 

Comment limiter les risques pendant l’hiver ?

Même si les températures hivernales sont un véritable atout pour la conservation des céréales, elles ne remplacent pas une surveillance régulière.

Quelques bonnes pratiques restent essentielles :

  • Surveiller la température des grains afin de repérer les zones anormalement chaudes.
  • Optimiser la ventilation pour abaisser progressivement la température des stocks, avec un objectif hivernal de 5 °C lorsque les conditions le permettent.
  • Contrôler régulièrement les installations à l’aide de prélèvements et de pièges adaptés.
  • Éliminer les résidus de grains et les poussières dans les zones accessibles pour limiter les foyers d’infestation.
  • Réagir dès les premiers signes de présence, avant qu’une population ne se développe davantage.